Le pouvoir du Design Systémique.

The power of systems design lies in the fact that one initiative has the potential to respond to many needs at the same time.

Gunter Pauli, Blue Economy 3.0

Actuellement beaucoup de démarches de transformation et de résolution de problématiques complexes sont en action ; cependant, très souvent elles se développent isolées.

Prenons pour exemple les nécessaire transformations des banques : au même moment, elles collaborent avec différentes agences et cabinets de conseil pour mettre en place de l’agilité, de la facilitation, du travail collaboratif ou des systèmes d’information et de communication plus efficients. Exactement au même moment, les mêmes problématiques sont en train d’être adressées chez les autres. Un besoin, une réponse. Encore une fois, la plupart du temps le même besoin, pour la même réponse… Sans aucune synergie entre les acteurs qui agissent sur ces différents systèmes et toujours une volonté des organisations de ne pas « partager l’information » de ce qu’il est en train de se passer au sein de leurs entreprises…

C’est volontairement compliquer les choses que de croire que les problèmes des différentes banques sont si différents les unes des autres : concrètement, leur développement et leur évolution linéaire et très mécanique reste sans grande surprise. Si vous échangez avec les différents intervenants en actions, ils vous diront la plupart du temps « oui ces problèmes là… On connait bien, de toute manière ils ont tous les mêmes problèmes actuellement. »

Ce qui mène au constat suivant :

  • Un problème posé, souvent non remis en question = une solution enfermée = un coût financier certain.
  • Même schéma de partout au même moment. Ainsi, tout le monde passe du temps + de l’énergie + des finances à refaire ce que d’autres ont déjà fait, sans rebondir sur les erreurs des uns pour de meilleures solutions pour les autres…
  • Souvent, ce sont des solutions pour des problèmes « effets » à d’autres « causes » non conscientes, ni des intervenants, ni de l’organisation… Et l’on sait que traiter des effets crée en général de nouveaux problèmes… Et ainsi de suite, et ainsi dans toutes les organisations…

Prenons comme exemple « la baisse d’engagement des collaborateurs« , souvent solutionnée par un « intranet » que personne n’a utilisé comme c’était attendu. Pire, cela développe une perte d’informations encore plus grande et un désengagement des collaborateurs plus fort…

Pourquoi faire tout le temps les même erreurs et en même temps ?

Comme le dit Gunter Pauli dans son livre sur la « Blue economy », le pouvoir de la pensée et du design systémique est justement de sortir de ce schéma en silo et linéaire. Le pouvoir du Design en systèmes est de traiter les causes de problèmes et non plus les effets et traiter ces causes règle également d’autres effets dont nous n’avions pas conscience au départ.

Imaginez simplement, il est possible de régler des problèmes (effets) sans ne rien faire (et donc rien dépenser en temps et argent). Quelle belle surprise que de découvrir une série de solutions qui se mettent en place d’elles-même après la résolution d’une problématique cause…

Et cette démonstration se passe à l’intérieur d’une organisation fermée. Imaginez la même logique systémique dans un contexte d’organisations ouvertes… Solutionner les problèmes des uns pour régler les problèmes des autres… Cela fonctionne aussi pour les agences, cabinets et collectifs d’intervenants de la transformation : au lieu d’avancer seuls dans la complexité isolée, trouver une collaboration bénéfique à tous !

Exemple d’une démarche systémique avec nos banques.

Voici un exemple de travail sur 3 jours de Design systémique, au sein d’une organisation :

  • Jour 1 – représentation par chaque groupes collaborateurs de l’organisation de leur systèmes de services : liens, relations, processus, fonctionnements… Mise à plat visuelle systémique de toute l’organisation par les différents points de vues.
  • Jour 2 – Analyse et détection des points de frictions et de fluidité dans les systèmes – diagnostiquer les points de « santé » et de « maladie » de l’organisation, avec les collaborateurs des différents services.
  • Jour 3 – Prioriser les « causes de problématiques » et « points de départ d’optimisations & de soin » du système global. Les collaborateurs & la direction prennent conscience des urgences réelles et des démarches à mettre en place par priorités.

Suite à ce sprint il est possible de traiter « en conscience » et en pas à pas les priorités grâce à une série de Design Sprint en relation. C’est une nouvelle logique d’organisation qui se met ainsi en place, agile, « by design » & résiliente.

Vous me direz : c’est difficilement applicable dans un contexte d’économie de marché et de concurrence… Je pourrais alors mettre en avant des quantités de cas d’études et historiques montrant que c’est par les collaborations qu’une économie se développe pour chaque partenaire : les plus grosses organisations, avec les plus gros capitaux jouent rarement seuls.

Regardez simplement du côté de Facebook qui développe toute une communauté autour de sa future monnaie, le Libra. Ils développent tout un système complexe, fait de collaborations d’intérêts. Il est possible de juger l’éthique ou la démarche, mais factuellement, le projet en cours de structuration est puissant car pensé en systèmes.

Ces démarches sont accessibles à toutes les organisations, de toutes les échelles. Si ça semble « trop impliquant », économiquement et temporellement, ou trop complexe, il y a tout intérêt alors de le faire en collaboration avec d’autres organisations, pour répartir l’effort et multiplier les solutions…

Réglons alors les problèmes causes ensemble tout en développant une meilleure lecture des besoins réels des humains. Ainsi, transformer ses bases pour plus de résilience et d’adaptabilité tout en ouvrant son activité sur des marchés porteurs car utiles, adaptés et pensés pour le moyen et long terme en accord avec notre monde en constant changement.